Prologue : l'écorcheur masqué
Voilà donc le chapitre 1 ! Le commentaire psycho est à le fin et je vous invite fortement à me donner les impressions que vous avez sur le personnages ou si vous avez trouvé d'autres indices pour découvrir la personnalité de Tom. Sur ce, bonne lecture !
« L'heure H, la minute M, la seconde S », comme le disait si bien mon paternel. Il appréciait particulièrement la ponctualité. Il serait fier de moi aujourd'hui.
-Vous êtes prêts ?
- Non. Attendez.
Décidément, je ne me ferais jamais à cette voix rauque. De toute façon, je n'aurais plus longtemps à l'endurer. Et ce fauteuil roulant... Incapable de bouger, ni même d'aller pisser sans qu'une infirmière vous aide. Comme la vie est ironique : me faire échapper à la mort pour deux mois seulement. Pitoyable, voilà ce que je suis.
- Et maintenant, vous êtes prêts ? l'infirmière commençait à s'impatienter et allait ouvrir la porte, mais je voulais faire quelque chose avant, quelque chose d'important.
- Attendez, j'ai dit ! N'avez-vous donc aucun respect pour vos malades ?
- Pas pour un homme comme vous, dit-elle avec un rictus de haine qui effaçait toute beauté sur son visage. Vous ne méritez même pas de vivre.
Comme la dernière fois, il me serait facile d'effacer cette pitoyable tentative de me déstabiliser.
- Vous non plus, je vous rassure.
A cette phrase, son sourire disparut. Il me suffisait d'en rajouter une dernière couche :
- Vous ne savez pas haïr. Vous pensez tout savoir, mais vous ne savez rien.
S'ensuit une quinte de toux qui m'arrache la gorge. Ca diminue un peu l'effet, mais au moins elle fait moins la maligne ! Exactement comme lors de notre première rencontre. Ca fait deux fois que je la cite, j'imagine que dans votre répugnante curiosité et souci du commérage, vous voulez savoir comment cela s'est passé, n'est-ce pas ? Je vais vous satisfaire si il n'y a que ça pour vous faire plaisir.
Après ma tentative de suicide, les flics m'ont transféré à l'hôpital. Je m'étais tranché la gorge, donc peu de chance que je m'en sorte. Malheureusement pour moi, personne n'est à l'abri d'un miracle. J'ai donc ouvert les yeux un lundi matin à 7h53 sur un lit d'hôpital de à Phoenix, dans l'Arizona. Il m'a été d'abord impossible de parler ou même de me focaliser sur quelque chose tant la douleur à ma gorge me faisait souffrir. Peu à peu je me suis fait à cette lumière qui n'était visiblement pas celle du paradis et j'ai vu une jeune femme d'une vingtaine d'années environ rentrer dans ma chambre. Je n'aurais pas prêté attention à elle, s'il en avait été de même pour moi :
- Vous êtes réveillé, me fit-elle sur un ton de mépris.
Je ne répondis pas à cette attaque, pour la laisser se complaire dans son arrogance.
-Mr Muller (c'est mon nom), je tiens à mettre les choses au point. Je n'approuve en rien ce que vous avez fait (là vous vous demandez de quoi peut-elle parler... Vous aurez bientôt la réponse...). Mais en tant qu'infirmière, je me dois de vous soigner. Inutile de chercher à tenter de me parler ou de m'amadouer, ça ne marchera pas.
Sa voix était presque suppliante, comme si elle attendait mon approbation. Pourquoi avait-il fallu que je tombe sur une conne aussi naïve et pathétique, je n'en ai pas encore la réponse, toujours est-il que la guerre entre nous a commencé ainsi :
- Et si je n'approuve pas ce que vous faites ?
- Vous n'avez pas à me juger.
- Vous non plus.
La « conne » s'emmura dans le silence en attendant de trouver une réponse concluante :
- Vous êtes encore plus pathétique que je ne l'aurais cru. Les gens ont raison : les meurtriers sont des gens sans personnalité.
- Ne vous inquiétez pas, vous ferez bientôt partie de mon cercle d'amis. Ne croyez pas que vous ne ferez que sauver des vies, vous en retirerez beaucoup d'autres. Parce que vous penserez que « c'est ce qu'il y a de mieux pour le patient », ou encore parce que vous n'êtes pas à l'abri de ce qu'on appelle « l'erreur médicale » derrière laquelle on cache en plus de l'erreur humaine, un cruel manque de personnel dans les hôpitaux, une bonne formation des médecins et enfin et, un système de santé appuyé sur les profits. Comme on dit, Dieu bénisse l'Amérique.
La « conne » de service s'était offusquée et était sortie de la salle, et ce juste avant que je lui demande de me la tenir pour que je puisse uriner.
Et voilà toute l'histoire, passionnant non ? Non, en effet ce n'est pas passionnant, mais c'est vous qui avez insisté, vous ne récoltez que les fruits de votre curiosité maladive.
- Et maintenant, vous êtes prêts ?
Je ne réponds pas et me baisse pour l'attraper sous mon siège. La jeune femme (nous ne pouvons décemment l'appeler la conne tout du long, auquel cas vous vous en lasseriez... Ce qui au final ne serait pas plus mal. Mettez la conne finalement) fit une moue de dégoût :
- Vous êtes vraiment immonde.
Deuxième fois que je ne lui réponds pas. Après tout, c'était quelque peu l'effet voulu. Qu'est ce qui la fait ainsi frémir ? Oh, c'est juste un vieux masque à gaz de la guerre 1914-1918 que j'ai récupéré dans une brocante. Un masque ordinaire sur un homme ordinaire : rien de plus ordinaire, si ce n'est que ce même masque a été gravé sur la peau d'exactement dix-huit jeunes femmes. Ne vous inquiétez pas, elles sont toutes mortes dans d'atroces souffrances, je m'en suis occupé personnellement. La « conne » resta interdite. Maintenant qu'elle pouvait ouvrir la porte, elle n'osait pas, une conne vous dis-je.
- Et bien qu'attendez-vous ? Entrez !
Ce qui est amusant, c'est qu'ainsi, avec ma voix rauque, mon masque et ma respiration bruyante, je ressemble à Dark Vador. Mais, au tribunal, ça ne fera rire personne. La porte s'ouvre : dans la salle d'audience, je vois les parents des victimes se tourner avec leur petit sourire satisfait. Satisfaits de me voir sur un fauteuil roulant, comme si Dieu m'avait puni. Mais à la vue du masque, les sourires s'effacent et les gens détournent la tête pas de dégoût, comme ils le diraient plus tard dans toute leur lâcheté devant la caméra, mais de terreur. Si Dieu m'a puni, je me charge de punir ceux qui veulent me punir. Deux visages attirent particulièrement mon attention, deux vieux visages que je ne connais que trop bien : les parents d'Helen ! Helen... A cette pensée, des larmes depuis trop longtemps refoulées sortent de mes yeux. Ces temps-ci ça devient une sale habitude. Heureusement que j'ai mon masque. Mme la conne me place donc à côté de mon avocat qui n'a pas l'air au mieux de sa forme. C'est-à-dire que je ne suis pas l'homme le plus facile à défendre, surtout avec une des preuves de mes crimes sur le nez... Avec ça, c'est sûr que je vais prendre la peine de mort : c'était un peu le principe en fait.
Je crois qu'il est inutile de vous raconter les détails de cette ridicule mascarade. Et blablabla. Et vas-y que je pleure un coup pour en rajouter une couche. Et vas-y que j'ai picolé un coup avant de venir « pour oublier la douleur de perdre son enfant». Et vas-y que je te raconte la vie d'Eléonore qui était « une magnifique jeune fille bourrée de talents et qui avait la vie devant elle ». Sauf qu'elle n'est plus en vie.
Passons donc tout ceci pour n'aller qu'à l'essentiel : la condamnation. Un moment important pour vous comme pour moi. Le juge annonce donc :
- Messieurs les jurés, jugez-vous Mr Tom Muller coupable des meurtres de vingt cinq jeunes femmes (non ce n'est pas une erreur, je ne portais pas de masque et donc ne le gravais pas pour les premières. Et pour les deux dernières, disons que c'est... Spécial) dont sa propre fille ainsi que sa femme.
- Helen et Alix Muller, dis-je.
Il fallait bien remettre les choses à leur place. Le père d'Helen se lève d'un coup et hurle :
- Assassin ! Comme oses-tu prononcer leurs prénoms ! Petit salopard, je le savais depuis le début qu'il ne fallait pas te faire confiance.
- Alors il ne fallait pas me faire confiance.
La salle s'embrase et il faut un certain temps pour que le calme revienne. Cette fois-ci, si je n'ai pas la peine de mort, c'est que ces gens sont aussi cons que « la conne de service ».
- Nous déclarons Tom Muller coupable et le condamnons à la peine maximale.
Et bien ce n'était pas si difficile. Les gens applaudissent et lancent des cris de joie. On croit rêver : ils ajoutent une personne au carnage et ça les rend heureux. Enfin ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. Mettons tout de suite les choses au point. Je suis coupable de tous les crimes dont on m'accuse, y compris celui de ma belle Alix et de ma pauvre Helen, les deux seules personnes que j'ai jamais aimé. Mes deux seules raisons de vivre. Dès lors qu'elles ont disparu, ma vie en a fait de même. Je sens que je titille encore votre curiosité. Vous voulez savoir n'est-ce pas ? Pourquoi, comment ? Que vous êtes prévisibles. Je vous préviens, c'est une très longue histoire, pas spécialement palpitante dont vous ne reviendrez pas indemnes. C'est une histoire à la fin tragique, dans laquelle la lueur de l'espoir et de l'amour n'aura duré qu'une période. Mais quelle merveilleuse période.
Commentaire psycho :
- Etre profondément associable (sociopathe).
Critères : - dédain envers les sentiments des autres (particulièrement rapports infirmières + parents des victimes)
- irrespect des règles et normes sociales (le masque. Prises de paroles intempestives pendant la séance. Meurtres répétés)
- incapacité à ressentir la culpabilité vis-à-vis des victimes
- irritabilité permanente
Cette sociopathie est à nuancer :
- Amour d'Helen et d'Alix
- Remord et ce uniquement pour ces deux personnes.
- Désir de repentance, et ce uniquement pour ces deux personnes.
Le contact d'Alix et Helen estompe sa sociopathie.